Caracole aux Pays-Bas, voyage en bus du 8 au 18 août 2005
Extraits de mon journal de voyage.
Lundi 8 août, 6h du mat’, les derniers bagages sont chargés, tout le monde monte dans le bus, un numéro est
attribué à chacun, le bus s’ébranle... Nous sommes 20 ce jour-là.
Le soleil brille, brille, brille... de moins en moins à mesure que nous avançons vers le nord. Nos trois chauffeurs se relaient pour conduire. Voyage sans souci, nous arrivons vers 20 h 30 à
Écaussines près de Braine-le-Comte (Belgique).
Mardi 9 août. Départ vers Utrecht où nous commençons par pique-niquer : nous sommes au cœur de l’éco-quartier De Groene Sticht que nous sommes venus visiter et nous installons notre tablée sur la place centrale, à même le sol pavé - propre, nous sommes aux Pays-Bas -, sous l’oeil étonné des passants.
Puis nous visitons l’éco-quartier sous la conduite d’Albert qui travaille sur ce projet depuis de nombreuses
années.
Le projet est né en 1996, il y avait là une ferme avec ses vaches, ses prairies, ses silos... Maintenant, la ferme est devenue restaurant, les silos ont été
transformés en ateliers pour le travail du bois et de la céramique, les prairies et les vaches ont fait place à un jardin, neuf maisons, un local pour les compagnons d’Emmaüs et des personnes de
tous horizons.
Au départ, une dizaine de personnes ont participé à l’élaboration du projet, elles sont maintenant 150 concernées, réparties en sous-groupes.
C’est comme un petit « village gaulois » dans Utrecht, mais néanmoins ouvert sur l’extérieur : les ateliers bois
et céramique donnent des cours pour tous, le magasin d’Emmaüs est ouvert 4 demi-journées par semaine et reçoit 500 personnes par semaine. Une fois par mois, une soirée au café est ouverte aux
habitants du quartier et aux personnes extérieures et le 30 avril (fête nationale de l’anniversaire de la reine) une vente d’objets gratuits est ouverte à tous.
Le point de départ du projet était autant l’aspect écologique que l’aspect social, mais le premier a dû être sacrifié au profit du second. Dès le départ, la place des personnes à revenus limités,
des SDF, des personnes porteuses de handicap a été prévue. Certains sont hébergés sur place en attente de trouver un logement, ils travaillent pour Emmaüs, à la ferme, aux ateliers... Dans les
habitations, il y a des personnes à revenus élevés et d’autres à revenus plus faibles, des propriétaires et des locataires. Une famille turque et une famille indonésienne habitent ce
quartier.
Au départ, la mairie a mis le terrain à disposition des porteurs du projet, après une sélection, et elle a apporté
une aide (non financière) à son montage.
Le bâtiment appelé « Jardin des Cerises » est construit écologiquement, le bâtiment d’Emmaüs ne l’est pas.
Ils ont tenté de réutiliser les eaux grises (eaux de lavage) pour alimenter les chasses d’eau
des WC mais ont dû y renoncer, une interversion dans les tuyaux ayant provoqué des maladies. Le quartier récupère les eaux de pluie car la nappe phréatique du pays baisse trop (maisons sur
pilotis par exemple, financièrement moins coûteuses ici car elles favorisent la pénétration des eaux pluviales dans le sol). Les maisons sont construites dans un style qui évoque les dépendances
de la ferme, en bois et briques.
Prix des terrains constructibles : 600 à 700 euros / m2...
Il y a un jardin commun, très joli, entretien
collectif.
Les légumes produits dans le potager commun sont consommés par les habitants, le samedi se tient là un marché bio, les fruits sont achetés via le système Odin (système proche de celui des AMAP en France). Le tri sélectif des déchets est effectué par des bénévoles. Récupération du liège, de l’alu, des cartouches d’encre d’imprimantes, des batteries de voiture. Le chauffage se fait grâce à de l’eau chauffée par l’activité des industries, recueillie par la mairie et redistribuée dans chaque maison (même système à Amsterdam).
Atelier bois dans l’ancien silo à grains : ce sont des personnes en insertion, hébergées dans l’ancien corps de ferme, qui y travaillent, les meubles sont recréés et pas seulement réparés, ils sont vendus dans le magasin d’Emmaüs. Des stages sont organisés.
Ce projet a pris 8 ans (entre le début et l’installation des premiers habitants) et Albert souligne le problème de l’investissement en temps qui oblige à limiter son temps de travail et entraîne une baisse de revenus alors que les prix, eux, grimpent vite.
Puis nous visitons un autre quartier proche qu’Albert connaît moins bien (De Kersentuin), mais un habitant rencontré « par hasard » nous propose très gentiment de nous
guider.
Ce quartier, plus vaste, est constitué de plusieurs pâtés de maisons à étages, chaque groupe d’habitation compte une quinzaine de logements (plus un immeuble), les
habitants sont de toutes les tranches d’âge et de diverses situations familiales (des personnes seules aux familles avec enfants). Les bâtiments sont en briques claires, le chauffage se fait par
les murs. Si l’apparence extérieure est uniforme, chaque logement a été intérieurement conçu par ses occupants (même les locataires), il n’y a pas ici d’obligation d’aligner les pièces d’eau d’un
étage à l’autre comme en France, ce qui a compliqué le travail des architectes mais contribue à rendre le quartier agréable à vivre.
Ce quartier est très innovant, les logements sont équipés de régulations automatiques
(chauffage et autres : domotique), d’un réseau intranet (sorte d’internet interne au quartier), de poubelles pour les fermentescibles dans la rue, d’un local avec plusieurs lave-linge collectifs,
de voitures collectives, de vélos équipés de side-car (pour porter les enfants) ou de remorques (pour porter les objets encombrants), les voitures sont interdites. Un logement d’environ 80 m2
vaut environ 200 000 euros.
La mairie a mis à disposition les terrains communs, où les habitants plantent ce qu’ils veulent (par exemple, un jardin collectif planté de fruitiers, avec une sorte de tonnelle-tunnel en saule), les terrains construits ont par contre été vendus. Les logements sont pourvus de jardins privés sans barrières. Un jardin est réservé aux enfants qui y plantent ce qu’ils veulent.
Lieux collectifs : un petit amphithéâtre, la laverie, une bibliothèque avec matériel informatique et photocopieuse en libre service, un grand parking qui sert de salle des fêtes une fois par an. Dans ce parking, on achète soit le droit de se garer (et on se gare n’importe où) soit un emplacement précis.
Le quartier possède un règlement intérieur mais pas de charte. Pas de projets professionnels inclus dans le
projet, juste lié à l’habitat. Une réunion par mois + des groupes de travail. Livraison de légumes par Odin.
Avant de partir, nous visitons le magasin des compagnons d’Emmaüs, très propre et bien rangé. Ensuite, nous nous installons au camping de Noorden, au bord des N. Koopse plassen,
verdoyant et animé par une corneille à l’aile rognée qui est bien familière. Après le dîner, balade le long du canal jusqu’au bord du lac. Les maisons sont toutes de l’autre côté du canal et
chacune est pourvue d’un petit pont-levis.
Pour cette journée, nous avons bénéficié d’un temps plutôt beau. Paysages : de longues prairies d’herbe épaisse et verte où paissent des vaches et des moutons plutôt courts sur patte, sans
clôture puisque séparées par des canaux. Beaucoup d’arbres (saules, frênes, chênes, érables...). Des vanneaux dans les prés, des canards, des foulques et des cygnes sur les canaux. Très
dépaysant, très paisible.
Mercredi 10 août. Départ tôt le matin pour le Zeeburg Camping d’Amsterdam, où il faut arriver vers 9 h pour avoir de la place... Malgré nos efforts, nous arrivons à 10 h 30, il pleut, il n’y a pas de place mais ce n’est pas si grave, ce camping ressemble un peu trop à une grande ville grouillante. Notre guide pour Amsterdam, Guido, est architecte et arrive avec son vélo à 11 h tapantes comme prévu, avec des documents sur Amsterdam, qu’il a préparés pour nous.
Il emmène ceux qui ont un vélo en balade et comme je n’en fais pas partie, je ne peux rien en dire mais il paraît que c’était bien. Les autres partent en bus pour le Amsterdamse Bos Camping, le camping où nous trouvons de la place pour trois nuits, non loin de l’aéroport mais en plein dans le bois d’Amsterdam (Het Amsterdamse Bos), à une altitude d’environ moins 4 mètres (- 4 m) mais nous ne le savons pas encore.
Plantation des tentes, déjeuner et départ pour Amsterdam, à pieds jusqu’au métro. Par suite d’une erreur, nous
allons jusqu’à une autre station (Sportlaan au lieu de Spinnerei), ce qui nous permet d’apprécier les jardinets néerlandais, petits mais tous ouverts et tous différents,
généralement bien remplis de plantes variées.
Le système de tickets de métro nous semble assez compliqué et, sans trop le vouloir, nous fraudons. En attendant nos cyclistes à la gare, nous avons le temps d’apprécier les
tramways, les pistes cyclables et les parkings à vélo absolument partout et donc les innombrables cyclistes, souvent très rapides, la possibilité de prendre le train, le tram ou le métro avec son
vélo. La gare, très belle, est en travaux, dommage.
Le groupe de cyclistes arrive et nous visitons à pieds en suivant Guido. Les maisons sont très en hauteur, en briques, souvent peintes et souvent en noir, pour masquer les
irrégularités et protéger les briques. Les tours des fenêtres sont peints en blanc ou crème et les boiseries autour des carreaux en foncé. Elles sont souvent surmontées d’un pignon de forme
marrante et possèdent toutes, même les plus modernes, un crochet extérieur au bout d’une poutre pour les déménagements, les escaliers étant trop étroits. Certaines maisons sont penchées en avant,
pour les protéger de la pluie paraît-il, puisque les toits ne s’avancent pas du tout.
Les canaux sont omniprésents.
La nature du sol (nappe phréatique toute proche) ne permettant pas l’utilisation de tunnelier, la construction du métro a nécessité la démolition de pâtés de
maisons tout au long de son parcours et à leur reconstruction, à laquelle Guido a participé.
Nous finissons la balade dans un troquet qui est dans une des plus vieilles bâtisses de la ville (1575), très belle, avec des peintures intérieures, un plafond très haut, des vieux flacons en grès ou en verre et des tonnelets. Retour en vélo ou en métro, en truandant sans vergogne, c’est bien de jouer les touristes ignorants !
Amsterdam, c’est aussi les coffee-shops d’où émanent des parfums évocateurs et les sex-shops aux vitrines amusantes...
Jeudi 11 août. Ceux qui n’avaient pas de vélo en ont loué au camping, les autres vont en bus, rendez-vous à WTC Station. Ici, c’est un quartier très moderne, un peu comme La Défense à Paris. Le WTC est le World Trade Centrum, centre d’affaires : hommes et femmes y sont vêtus de costumes sombres. Après une certaine attente - garer le bus en ville n’est pas une sinécure -, nous finissons par nous retrouver et Guido nous montre quelques bâtiments de ce quartier, situé bien sûr au bord de l’eau, mélange étonnant d’extrême modernité et de la nature (eau, végétation sauvage et luxuriante), immense garage à vélo...
Puis nous nous rendons en ville en vélo, Guido nous fait traverser des quartiers des années 20, quartiers ouvriers déjà très avancés socialement et architecturalement. Nous laissons nos vélos au
bord du Sarphati Park et nous visitons à pieds un marché très animé et coloré où chacun achète ce qui lui plaît pour déjeuner sur le pouce : hareng ou anguille servis dans un petit pain
rond, frites, fromage hollandais, plats exotiques épicés...
Puis Guido nous emmène de nouveau dans Amsterdam, avec une approche de rues et de bâtiments que nous n’aurions pas sans ce guide, très intéressant mais il est difficile d’entendre tout, quand on est nombreux et comme je n’ai rien noté, j’ai beaucoup oublié. Je note ici en vrac ce qui me revient.
Nous visitons un immeuble qui conjugue maison de retraite et logements, construit par Guido, avec une cour intérieure très agréable et aussi des déceptions liées en particulier à l’insécurité
grandissante.
Nous visitons une église vieille de presque 400 ans, toute en bois, transformée en espace culturel.
Nous visitons un béguinage (Begijnhof), petite ville dans la ville où ne vivent que des femmes seules mais non religieuses, autour d’un petit jardin collectif, lieu paisible, loin de l’agitation
de la ville. À la sortie, un petit salon de barbier avec des panneaux très politiques attire notre attention. Le barbier propose à quelques-un-e-s d’entre nous d’entrer, nous offre une gravure de
la porte du béguinage, semble ravi de notre visite.
Nous passons par le Dam, place principale d’Amsterdam où se trouve le palais royal (Koninklijk Paleis où ne vit pas la famille royale, ancien hôtel de ville devenu palais royal sous le
règne de Louis Bonaparte, l’hôtel de ville actuel a été construit ailleurs après d’âpres discussions).
Guido nous montre des maisons récentes dont il est l’architecte, avec des petits balcons et de nombreuses fenêtres, modernes mais en même temps proches du style ancien (Nieuwe
Hoogstraat).
Nous passons par Nieuwmarkt où reste un vestige d’anciennes fortifications. Nous franchissons le Magere Brug, vieux pont de bois. Puis nous prenons un pot à la terrasse d’un
troquet non loin du béguinage et le soir, dîner dans un restau pas cher, très haut de plafond, servant des plats traditionnels néerlandais.

Pas de volets aux fenêtres, le soir les Néerlandais sont comme en vitrine. Beaucoup d’objets sur les bords des fenêtres, des plantes et en particulier des orchidées mais aussi toutes
sortes d’objets décoratifs.
Retour en bus pour les un-e-s, en vélo dans la nuit pour les autres, à travers le bois, amusant. Rouler dans Amsterdam est assez épique quand on n’est pas habitué-e au rétropédalage et à la haute
taille des vélos. Les Néerlandais, eux, font preuve d’une vélocité étonnante et d’une remarquable patience à l’égard de notre maladresse. Ce qui est très agréable, c’est que c’est tout plat, à
l’exception des ponts, en particulier dans le vieil Amsterdam. Autre source d’amusement, les miroirs dans les campings, dans lesquelles certaines d’entre nous ne voient que leur front tant ils
sont haut placés.
Vendredi 12 août. Quartier libre, rendez-vous à 14 h avec Guido à Waterlooplein où se trouve le nouvel hôtel de ville : certains partent tôt le matin, en vélo ou à pieds (bus ou métro), pour visiter le Rijkmuseum (tableaux de Rembrandt et de Vermeer). La météo est pessimiste et rapidement, il se met à pleuvoir. Les autres, rebutés par les trombes d’eau qui tombent d’un ciel orageux, restent au camping, surveillant anxieusement la montée des eaux, remarquablement rapide. Heureusement, la décrue sera également très rapide quand la pluie se décide à faire place au soleil.
Je fais partie de ceux qui sont restés et ne peux raconter ce qu’ont visité les autres. J’ai fait une balade en vélo dans le bois et c’était très sympa, nous avons vu de l’eau, des hérons, des
foulques, des grèbes huppés dont un avec son petit sur le dos, des vaches marrantes un peu hippies avec de grandes cornes en forme de lyre, de beaux arbres (chênes, frênes, bouleaux, ormes,
érables, sorbiers des oiseleurs, cornouillers), bu un pot dans un troquet typique, sombre et à la décoration surchargée d’objets divers dont un panneau routier d’entrée à L’Alpe
d’Huez...
Nous ramenons tous du pain, j’ai l’impression que nous avons passé le séjour à acheter et manger du pain, d’ailleurs excellent, très varié, gratuitement tranché et emballé. Pas facile d’évaluer
les quantités pour une vingtaine de personnes, quand on n’a pas l’habitude ! Vu des arbres emballés aussi, je ne sais pas pourquoi. Et une serre de 1,5 ha en construction, banal
ici.
Samedi 13 août. Nous partons pour la Frise. Départ laborieux, une panne d’électricité ayant emprisonné notre deuxième lessive collective dans le lave-linge du camping.
Nous traversons la Hollande septentrionale
vers le nord et nous prenons la digue du nord (Afsluitdijk) qui nous mène en Frise. Halte sur la digue, photos et pique-nique, d’un côté le Waddenzee (partie de la Mer du Nord
comprise entre les îles de Wadden et le continent) et de l’autre, un peu plus bas, l’IJsselmeer, la mer intérieure qui est en fait maintenant un vaste lac d’eau douce.
Nous avons traversé des régions maraîchères, des régions plutôt de grandes cultures et d’élevages, avec des éoliennes près des fermes auxquelles elles apportent un complément de revenu ou disséminées dans la campagne. Ces fermes ont des toits étonnamment grands, deux à trois fois plus hauts que les murs du bâtiment. Et toujours des canaux, de vertes prairies (nous commençons à comprendre pourquoi...) où paissent vaches et moutons, parfois ensembles, parfois même avec des cochons. Notre bus a un succès constant auprès des Néerlandais qui nous font spontanément de grands signes.
Dans la Frise, beaucoup d’élevages de
chevaux noirs, très beaux. Partout où il est cultivé, le maïs est remarquablement haut et fourni... Les prairies sont sillonnées de bateaux, ça fait drôle. Visité le petit village de
Stavoren au bord de l’IJsselmeer, maisons récentes et maisons anciennes nichées au pied de la digue qui les protège de l’IJsselmeer, celles-ci toutes petites, c’est
toujours étonnant ce côté « maison de poupée » des maisons néerlandaises anciennes alors que les autochtones sont généralement si grands.
Nous achetons quelques bols et chopes chez un artisan dont la minuscule boutique est ouverte à tous (lui absent ne
vient que si l’on sonne une cloche posée sur son comptoir), jolie maisonnette au bord du canal bordé d’arbres.
Quelques beaux bateaux dans le port, qui date du 15è ou 16è siècle.
Camping à Jubbega, calme (avant notre arrivée), propre et très agréable. La météo est toujours aussi déplorable mais une fois de plus nous parvenons à monter les tentes au sec. Après le
dîner, nous chantons longtemps, c’est bien sympa.
Dimanche 14 août. Départ en vélo pour les un-e-s, en bus pour les autres, nous nous retrouvons près de l’éco-cathédrale, dans un petit salon de thé à l’hôtesse très accueillante. C’est près de Heerenveen. Par chance, il fait beau et nous allons paisiblement à pieds vers l’éco-cathédrale que Peter nous fait visiter.
C’est un site de deux hectares, ancienne
prairie où il a laissé la nature reprendre ses droits. Depuis (20 ? 30 ? 40 ans ?), il y fait livrer des rebuts de construction ou de démolition, des milliers de tonnes de briques, carreaux et
autres pierres avec lesquels ceux qui le souhaitent (et en particulier Louis Guillaume Le Roy, âgé maintenant de 80 ans) peuvent construire au gré de leur inspiration couloirs, chemins,
escaliers, tours qui prennent naturellement la forme de pyramides... le tout envahi d’une végétation luxuriante et parfois originale ainsi que d’animaux qui ne se trouvaient pas là
autrefois.
Peter s’est bâti un atelier, sans aucune machine, maison en briques et bois, inspirée par la cathédrale de Vézelay. Il utilise ce lieu pour travailler avec des personnes en échec suite à des traumatismes. Ils sont requinqués par l’ambiance du lieu, la proximité de la nature. Pas réussi à suivre toutes les explications. Chaque année, un spectacle est improvisé par un-e artiste et donne lieu à un livre. Chaque année, 1 500 personnes visitent ce lieu. Selon Peter, les tours en forme de pyramide filtrent l’eau, elles accumulent la chaleur et la relâchent (inertie thermique) ce qui modifie le micro-climat local (température et vent). Peter essaie de développer cette idée de consacrer 1 % de la surface à un tel lieu créatif dans chaque ville (par exemple Cergy-Pontoise). Leur site internet, en cinq langues, sera ouvert en octobre.
Déjeuner pour partie dans le salon de thé d’Edmée, à l’enthousiasme communicatif, et pour partie dans le bus, sous
des trombes d’eau.
Ensuite, nous avons visité un immense parc (28 ha) dans une propriété appelée Oranjestein (près d’Heerenveen). Un sentier aménagé serpente entre de beaux arbres immenses, des
étangs, des bâtiments, des bancs, des recoins, des pelouses... Près de l’entrée, une serre d’où tentent de d’échapper un figuier et une vigne. Une magnifique orangerie, très haute, et une autre
serre dont les parois sont faites de petits carreaux orientés de telle sorte qu’il y en ait toujours une rangée perpendiculaire aux rayons du soleil. Nous avons eu de la chance, il n’a pas plu
pendant toute la balade, tout comme le matin.
Nous rentrons au camping par des routes étroites, se coupant à angles droit, bordées d’arbres et encadrant un canal. Pas facile pour se rendre visite entre vis-à-vis ! Ni pour circuler en bus, on
n’a pas droit à l’erreur... Ici, les panneaux routiers sont bilingues (néerlandais et frison), un peu comme au pays basque ; le frison est une langue à part, très différente du
néerlandais.
Nous dînons au restaurant de l’entrée du camping, de pannenkoeken, sortes de pancakes grands comme de grandes assiettes et farcis de ce que l’on veut. Ces trucs-là, ça cale ! Il y a un choix immense, seule une des serveuses parle à peu près anglais, heureusement que tout le monde est de bonne volonté. Autre sujet d’étonnement pour les méridionaux que nous sommes : les Néerlandais dînent très tôt, les musées et les magasins ferment souvent vers 17 ou 18 heures. Le restau aurait fermé à 20 h, sans notre arrivée massive.
Lundi 15 août. Nous visitons plusieurs petits villages frisons. Sloten et son moulin à vent qui tourne depuis 1755 et produit de la farine
certains jours. C’est impressionnant de voir et d’entendre ces grandes ailes tourner paisiblement mais avec force et je reste admirative devant l’ingéniosité de ces machines, la puissance des
charpentes qui les soutiennent. Auparavant, certains d’entre nous ont mangé des harengs au bord de la digue qui protège le village du Slotermeer. Sloten est un de ces petits
villages aux maisons minuscules, serrées le long d’un canal bordé d’arbres.
Ensuite, nous sommes allés à Hindeloopen, village spécialisé dans la fabrication de meubles en bois peints. Village plus grand, très joli, niché le long d’une digue au bord de
l’IJsselmeer, beaux bateaux, belles maisons, nombreux canaux, arbres penchés sur l’eau, jardins fleuris... Certains ont visité le musée, d’autres dont moi préfèrent flâner dans les rues.
Une grande boutique expose un vaste échantillonnage de ces meubles et objets de toutes sortes en bois peint, elle possède un musée du patinage. Une brocante installée dans une ancienne ferme me
dévoile enfin les mystères de ces immenses charpentes qui
régions visitées. Beaucoup de carreaux en faïence dans les différentes boutiques visitées. Plusieurs églises dont ressemblent finalement beaucoup à celles des maisons de l’archéosite gaulois. D’ailleurs, de nombreux toits sont couverts de chaume à travers toutes les une à louer pour les vacances.
Sur le chemin du retour, nous passons par IJlst où se trouve un moulin-scierie encore en fonctionnement mais malheureusement fermé quand nous y passons. Des troncs d’arbres « sèchent »
dans l’eau.
Mardi 16 août. Le matin, nous plions bagage pour aller visiter le musée de plein air d’Arnhem le matin, et le parc national de la Veluwe l’après-midi, avec son musée Kröller-Müller.
Le musée de plein air (Het Nederlands Openluchtmuseum) : dans un parc de 44 ha, il regroupe des habitations traditionnelles des différentes régions des Pays-Bas et me rappelle l’écomusée
de la Grande Lande à Marquèze (40).
Ici, j’ai vu :
des fermes, avec un tout petit habitat et d’immenses étables et granges attenantes. Le plus curieux, ce sont les lits, toujours dans des placards, comme les lits clos bretons, et incroyablement petits. Il paraît qu’autrefois, les gens dormaient assis.
des mobiliers des plus simples aux plus riches.
un puit à balancier comme dans les Landes.
un moulin à huile mû par un cheval (pas un vrai, dommage pour nous, tant mieux pour les chevaux).
un « squelette de ferme » qui dévoile sa fascinante charpente, dont je comprends mieux l’origine depuis que j’ai vu les arbres ici, immenses, bien droits.
des granges à foin réglables en hauteur, déjà vu ça en photo quelque part, mais où ? Elles ont un axe central et quatre poteaux aux angles, le long desquels le toit, en chaume, peut monter cran par cran, ce qui permet de garder le foin toujours à l’abri, même quand il y en a peu.
des moulins de divers types, en particulier des moulins de drainage, petits pour la plupart, et équipés d’une vis
sans fin qui fait remonter l’eau d’un côté à l’autre de la digue sur laquelle est posé le moulin.
un pont basculant comme il y en a partout ici. Aux Pays-Bas, la voiture n’est pas reine comme chez nous et il n’est pas rare de voir la circulation d’une nationale interrompue par la levée d’un pont, juste pour laisser passage à un frêle esquif.
un petit chantier naval et les maisons de pêcheurs, toute noire (le goudron, sans doute, pour les protéger de l’humidité ?).
une laverie fonctionnant sur le principe d’un moulin mû (par un animal ou la force humaine ?). Elle a eu un franc succès auprès des différents membres du groupe qui l’ont visitée. L’axe horizontal fait monter et descendre des sortes de pilons sur le linge placé dans une grosse barrique plein d’eau savonneuse bouillante. Les deux autres barriques à côté servaient sans doute au rinçage ? ou à laver plus de linge en même temps ?
un moulin à papier (moulin à eau). Toujours aussi fascinant de voir l’ingéniosité de nos anciens, de voir comment
avec de « simples » moulins à eau ou à vent, voire à traction animale, il était possible de développer toutes sortes de petites industries. Ce petit moulin à papier, le long du même axe, pile les
tissus finement découpés et plus loin brasse la pulpe obtenue en mélangeant les fibres avec de l’eau.
un artisan fabriquant des cordes grâce à un fascinant petit mécanisme d’une extrême simplicité.
les petites maisons colorées de la région du Zaan.
une grande ferme fabriquant des fromages mais je n’ai pas vu la laiterie, juste l’étable décorée et le stockage des fromages.
un immense moulin de Delft (26 mètres à l’axe des ailes), très haut pour aller chercher les vents par-dessus les bâtiments de la ville.
Il y a tant de choses que nous en avons tous vu de différentes.
Pique-nique sur le parking et départ pour le parc national, en vélo pour les un-e-s et en bus pour les autres.
Le parc national et le musée Kröller-Müler (Het Nationale Park de Hoge Veluwe en het Kröller-Müller Museum) : comme le musée fermait à 17 h, il n’a pas été possible de le visiter,
restait la balade dans le parc, je n’y suis pas allée, donc je n’en parle pas.
Après le montage des tentes dans le très agréable et accueillant camping d’Otterlo, petite balade dans les environs. Vu dans le village une petite cabane de berger, juste deux pentes de toit
couvertes de bruyère descendant jusqu’au sol, pignon en bardeaux de pin, une petite porte au milieu du toit, d’un côté une petite pièce d’habitation avec le lit dans un placard (et même un
berceau suspendu au pied du lit !), de l’autre la place pour le foin, les bêtes, le matériel.
Vu de riches propriétés et dans l’une, de drôles de bovins hippies, le veau brun et poilu, la vache brune avec de belles cornes en lyre, le taureau noir, à longs poils et en particulier sur la tête, lui cachant les yeux. Beaucoup de bruyères en fleurs et de pins dans cette région qui me rappelle les Landes.
Mercredi 17 août. Le retour ! Il a fait un beau temps radieux, les paysages sont somptueux, quel dommage de partir maintenant ! Trajet sans histoire, le passage entre les Pays-Bas et la Belgique se fait sans rien voir, le passage entre la Belgique est un peu plus évident. Pique-nique sur une aire belge, bruyante. Harengs. Nuit à Rilly. Chacun s’installe, sous la tente ou à la belle étoile. Il fait doux et sec... Grillons, oiseaux nocturnes, herbe sèche, étoiles...
Jeudi 18 août. Le retour continue, j’ai la crève et je dors pendant une partie du trajet. RAS. Il pleut des cordes par moments. Pique-nique de maquereaux néerlandais. Arrivée avec deux heures de retard. Déchargement du bus, rangement, séparation... Je rentre au radar... Les vacances sont finies. Il reste des tas d’images, de sons, des souvenirs, de nouveaux savoirs...
le 22 août 2005
P.S. une lectrice me donne les indications suivantes que je trouve intéressantes : les maisons d'Amsterdam sont construites sur pilotis (plus de 20 m) et le terrain n'est pas stable du tout. Certaines données ne sont pas très rassurantes : dernièrement la ville s'est enfoncée de quelques centimètres. Pas étonnant que les maisons ne soient pas accolées : ainsi elles peuvent "bouger" sans entrainer leurs voisines. C'est ainsi que les maisons tanguent à Amsterdam...
P.P.S. pour celles et ceux qui veulent en savoir plus sur l'éco-cathédrale, un site internet lui est dédié. On y trouve la cartenéerlandais ;-) pour y aller (dans la section en