Quand j'avais une vingtaine d'années, vers 1982-1985, je vivais à Bordeaux dans une rue située
entre la caserne des pompiers et la place Gambetta, un des coeurs de la ville. Cette rue bordait le dernier pâté de maisons restant de
l'ancien quartier Mériadeck. Cet ancien quartier mal famé avait été rasé, sa population expédiée en périphérie de la ville et, à la place,
on avait construit un immense centre commercial moderne et des bureaux, de grands immeubles en béton et verre étincelants au milieu des
vieilles et basses bâtisses en pierre blanche noircies par la pollution et les vapeurs de vin.
Cette rue étroite était une des plus passantes de la ville et les
encombrements débutaient dès 15 h ; quand un camion de pompiers tentait de franchir en fin de journée ce goulot, c'était un vrai plaisir, la sirène bloquée sous la fenêtre pendant de longues
minutes, chaque jour...