En avril 2009, j'ai entendu Albert Jacquard évoquer l'impossibilité qu'il y a à mesurer la distance exacte entre deux lieux. Posé comme ça, ça paraît bizarre et pourtant...
Depuis que, au collège ou au lycée, j'ai appris les nombres à virgule, et leur infinité, je suis fascinée de penser que si entre 2 et 3 il y a une infinité de nombres, ça veut dire qu'entre 2 cm et 3 cm, il y a également l'infini... Il me semble que ça rejoint aussi un peu ce très beau texte de Blaise Pascal sur l'infiniment grand et l'infiniment petit, que j'ai eu la chance de devoir commenter à l'oral de français du bac en 1è. (Je ne suis pas ironique ! J'étais horriblement timide, et terriblement angoissée par cet oral, mais j'avais beaucoup aimé ce texte et tant qu'à devoir parler, je préférais que ce soit sur un texte qui me passionnait).
Donc, il est impossible de mesurer la distance exacte entre deux lieux. Eh oui ! Mettons entre Toulouse et Paris. Si vous êtes un oiseau, vous allez faire le trajet à vol d'oiseau, ça va aller assez droit a priori. Si vous y allez en voiture, vous allez prendre l'autoroute et ça reste assez direct mais un peu moins quand même, donc autre distance. Si vous y allez à pieds, vous prendrez des petites routes, des chemins, ce sera un peu plus long (en mètres, pas seulement en heures !) Et imaginez maintenant que vous soyez une fourmi : quelle que soit la route empruntée, vous allez devoir escalader ou contourner chaque caillou, chaque gravier ! La distance sera rallongée d'autant.
Donc, il est impossible de mesurer la distance exacte entre deux lieux géographiques. Et, en plus, plus vous êtes petit et plus cette distance s'allonge, c'est injuste !
Bonne journée
P.S. on peut même pousser plus loin... Plus on descend vers le petit, plus la distance s'allonge. Et si on descend jusqu'à l'échelle de l'atome, on se rend compte qu'on est constitué essentiellement de vide. La distance Toulouse-Paris devient tout à fait virtuelle, mais nous aussi, au fond. C'est parce que les électrons tournent à toute vitesse autour du noyau des atomes, que la matière a un certain volume. La matière est donc pour beaucoup une illusion ? Je suppose qu'au zéro absolu, quand les électrons cessent de tourner, quasiment tout disparaît ? Oh la la...
j'ai toujours été archi-nulle en physique, par contre le côté philosophique de la chose m'intéresse davantage
ma réflexion vaut ce qu'elle vaut, rien de plus
:-)