Vendredi dernier, le prof de dessin nous a proposé de travailler sur un portrait de jeune femme extrait du tableau "La diseuse de bonne aventure" de Georges de La Tour.
J'adore les tableaux de Georges de La Tour. Quand j'étais gamine, ma mère m'avait emmenée voir une exposition de ce peintre et j'avais été très frappée par ces clairs-obscurs incroyables. Je n'ai jamais oublié certains tableaux que l'on voit reproduits souvent me semble-t-il, justement cette "Diseuse de bonne aventure", les deux tableaux de Tricheur et aussi ces deux tableaux de nativités, ainsi que les Madeleine. Et "Saint-Joseph charpentier", avec les doigts de l'enfant rendus translucides par la lumière de la bougie, ça m'avait frappée parce que quand il y avait des bougies allumées sur la table à Noël, mes soeurs et moi nous émerveillions de voir nos doigts devenir translucides devant la flamme, exactement comme sur la tableau.
Comme j'ai raconté le souvenir de cette exposition à notre jeune prof, il m'a prêté son gros livre édité lors d'une exposition en 1998. J'y ai retrouvé avec émotion la photo du petit catalogue de la rétrospective de 1972. Du coup, je me suis rappelée que j'avais moi aussi un gros livre de oeuvres de Georges de La Tour, que j'ai retrouvé le lendemain dans ma bibliothèque, et dedans, ô joie, mon petit catalogue de l'expo de 1972 que j'avais conservé soigneusement depuis toutes ces années. Je ne me souviens même pas d'où vient ce livre, je me demande si ce n'était pas un de ceux que j'ai hérité de ma grand-mère ?
J'ai appris, en relisant ce petit catalogue, que cette exposition de 1972 avait été un événement, la première rétrospective des oeuvres de ce peintre lorrain tombé dans l'oubli pendant deux siècles, alors qu'il était réputé à son époque. J'en ai appris aussi un peu plus sur Georges de La Tour, né en 1593 et mort en 1652 lors d'une épidémie. Il a vécu une époque dramatique de misères, de guerres et d'épidémies, qui ont frappé la Lorraine après une longue période de prospérité.
Quoi qu'il en soit, j'ai fait une première reproduction de ce portrait au fusain, et comme je le trouvais beau comme ça, je n'ai plus osé y toucher. Et puis, le lendemain, j'ai eu envie de voir si je parvenais à le mettre en couleur, mais je n'ai pas voulu risquer d'abîmer le dessin au fusain, aussi j'ai refait une esquisse au crayon. Je voulais essayer les pastels secs trouvés dans la maison de mes grands-parents, mais je ne savais plus où je les avais mis, alors j'ai essayé les pastels gras de mon fils aîné. Ma foi, c'est loin d'être parfait, mais pour un premier essai, je suis plutôt contente de moi.







