Ce matin, je lis ceci à propos des émigrés russes : « Les émigrés, considérant comme illégal le nouveau régime instauré en Russie et s'inquiétant des transformations radicales qu'il opère dans la société, prétendent sauvegarder les valeurs spirituelles, morales et culturelles russes et représenter ainsi en exil la "Russie éternelle" . Durant près de vingt ans, ils envisageront leur émigration comme temporaire et s'efforceront de préparer le retour des jeunes générations dans leur pays d'origine en leur transmettant leur langue, leurs traditions, leurs valeurs et leur foi. Loin d'être un mythe, l'image de l'émigré russe assis sur ses valises a été une réalité vécue jusqu'au début des années 40. »
J'en ai pleuré. Je peux témoigner que cette réalité a été vécue bien plus tard que le début des années 40.
Tout d'abord, ma mère et ses parents n'ont été naturalisés français qu'en 1948. Mon grand-père avait "choisi" un
métier d'ingénieur pour servir son pays quand il y retournerait. Il en parlait avec ma grand-mère, qui n'était pas très tentée par le retour et leur fille, ma mère, n'a appris le français qu'en
entrant à l'école vers 1943. Ce n'est que bien après la guerre que mon grand-père a dû admettre que le régime soviétique était solidement installé, et qu'il a renoncé à son rêve de
retour.
Mais aussi : ma mère a épousé un Français dont le métier l'obligeait à de fréquentes mutations imprévisibles. Mon
père rentrait un soir en annonçant que dans deux mois, nous devions être quelque part à l'autre bout du pays. Nous pouvions y rester quelques mois ou quelques années, nous ne le savions pas
d'avance. On ne parlait pas encore de mobilité géographique mais cela existait déjà et je peux dire que c'est destructeur, pour les enfants qui le subissent. C'est ainsi que j'ai vécu une partie
de mon enfance au milieu des cartons : c'est un carton (plein) qui me servait de table de chevet, ma mère ne vidait que ceux contenant les objets nécessaires et n'accrochait plus les rideaux aux
fenêtres ou les abat-jour aux lampes, de crainte d'avoir à les décrocher peu après pour repartir. Ce n'est que lors de mon adolescence landaise que, mon père devenu directeur de l'usine locale,
ma mère a ouvert tous les cartons, posé les rideaux, installé les abat-jours... Ils ont même tenté de faire construire. Mais ils sont finalement repartis, sans moi cette fois...
Et c'est ainsi que, devenue adulte, j'ai continué mon errance à travers le grand sud-ouest, me sentant profondément de partout et de nulle part, née par les hasards de la vie dans la région lyonnaise, région que je ne connais pas du tout. Je suis arrivée dans le Lauragais il y a près de vingt-trois ans, et ce devait être provisoire, je ne comptais pas rester. Mais ce n'est qu'au bout de seize ans que j'ai subitement compris que le provisoire durait depuis si longtemps que je devais peut-être admettre que ce n'était pas si provisoire que cela, et que je pouvais peut-être poser mes valises, au moins mentalement. Un peu plus tard, j'ai acheté mon merveilleux lopin de terre, mais je ne suis pourtant pas convaincue de rester ici jusqu'à la fin de mes jours. Mes valises sont certes posées et vidées, mais elles ne pas encore jetées, elles sont rangées dans un recoin (glissées sous le lit ?) et je me demande souvent où j'aimerais me poser pour de bon...
Dans certaines zones du monde, les bruches sont capables de gros dégâts dans les stocks de grains mais, en Europe, les bruches du genre Bruchus ne pondent que sur les
gousses. On connaît bien la bruche du pois et la bruche du haricot, appelées "cussou" dans le sud-ouest. C'est pour lutter contre ces bestioles qu'autrefois, et encore maintenant dans certaines
régions, les paysans cultivaient les haricots en association avec le maïs : les insectes se repérant à l'odeur, ils ont plus de mal à découvrir leur plante favorite quand celle-ci est mélangée à
d'autres que quand elle pousse en monoculture.
Dit comme ça, ça paraît simple, pourtant si on y regarde de près, c'est assez étonnant : la larve de bruche est à l'intérieur de la graine de gesse, la graine de gesse est à
l'intérieur de la gousse, et la gousse est quelque part dans une vaste prairie au milieu de nombreuses autres plantes de toutes sortes. Cela veut dire que la minuscule petite guêpe est capable,
parmi mille et un parfums et mille et une couleurs, de repérer les gousses de gesse parsemées de quelques oeufs de bruche.
Puis, à travers la gousse, de repérer la graine infestée par une larve de bruche. Puis de pondre son oeuf à travers la gousse et la graine, très précisément sur le corps de la larve
de bruche qui servira de garde-manger à son rejeton pendant trois semaines
Encore plus fort : comme tout insecte dans nos régions, la petite guêpe doit trouver un moyen de passer l'hiver. La bruche passe l'hiver sous forme adulte, mais certaines
espèces d'insecte passent l'hiver sous forme d'oeuf, de larve, de chrysalide... On appelle cela diapause chez les insectes : un arrêt du développement en attendant des jours meilleurs. Cela
correspond un peu à l'hibernation des Mammifères.
Mais ce jour-là, ce n'était pas ça, c'était bel et bien un nuage, qui était au ras du sol, et nous avions marché dans le nuage !
Les adultes sont bêtes, ils ne comprennent rien, il se passe des choses très spéciales, le dimanche au lever du soleil, quand ils traînent au lit, comment peuvent-ils savoir
?
Le cirse laineux est un grand chardon (famille des Asteracées, anciennement Composées) très piquant, qui apprécie les sols secs et calcaires. Sa présence en dit long sur
les qualités de ce jardin qui n'a jamais ressemblé à autre chose qu'à une prairie mal entretenue, malgré nos efforts. Cela dit, sur le plan de la biodiversité, il valait bien mieux que la plupart
des jardins bien propres de mes contemporains.
Ses fleurs ont une belle couleur rose vif et ses feuilles portent de redoutables piquants jaunes. Il paraît que les tiges et les
Ses belles fleurs, en réalité des capitules portant des dizaines de fleurettes, attirent de nombreux insectes. Ce jour-là, il y avait des bourdons, toujours trop rapides
pour que je parvienne à faire de jolies photos. J'ai vu aussi, plus facile à approcher, un joli coléoptère jaune et noir.
C'est le lepture tacheté (Leptura maculata ou Rutpela maculata), Coléoptère Cérambycidé (famille des longicornes ou capricornes). Ce bel insecte, à la
livrée variable, vit peu de temps, moins d'un mois, pendant lequel il se nourrit du pollen de diverses fleurs. Les larves, elles, mangent du bois pourri.
J'aime bien portraiturer les gros insectes. Et de face c'est marrant, ça leur donne souvent l'air de loucher. Notez le sens esthétique de cette sauterelle dont les
antennes sont assorties aux piquants du chardon.
Les yeux des insectes sont composés, c'est-à-dire constitués de centaines voire de milliers de facettes qui sont autant de petits yeux simples, appelés
Ce qui a attiré mon regard, outre sa curieuse forme très en hauteur, relativement fréquente dans la région, c'est les instruments de musique sculptés à son fronton
:
L’aubépine aurait le pouvoir d’éloigner la foudre, elle est aussi un symbole de bonheur, de prospérité et de fidélité conjugale.







