Vendredi 4 décembre 2009 5 04 12 2009 07:02

En 1968, j'allais sur mes sept ans et nous habitions dans les Landes, rue des Sables. Nous ne sommes malheureusement restés que quelques mois dans ce lieu qui était merveilleux pour moi : une grande maison avec un vaste salon que nous avions magnifiquement décoré de guirlandes faites maison pour Noël, et un immense jardin. La chaudière à charbon du chauffage central trônait dans la cuisine et ma mère se battait contre elle chaque matin. Il y avait des souris, dans cette maison, et un jour ma mère a cru qu'elles avaient attaqué la tablette de chocolat... avant de se rendre compte, à l'air confus de ma petite soeur, que c'était elle, la petite chipie, qui avait grignoté le chocolat !

Le jardin étirait une clôture rouillée le long de la rue et, sur les trois autres côtés, un haut mur en éléments de béton préfabriqués. Au fond, le mur était mitoyen avec le cimetière. Sur le côté, nous avions des voisins dont le grand fils, un peu simplet, nous rendait visite en grimpant à une échelle. Ou bien le mur n'était pas si haut ? Je ne crois pas qu'il venait vraiment, en fait, mais il jouait avec les trois petites filles que nous étions du haut de son mur, du moins est-ce le souvenir flou que j'en garde. Je me souviens aussi de deux appentis qui étaient autant de cavernes d'Ali Baba.

Au bout de la rue, il y avait une menuiserie artisanale ; le son régulier de la scie circulaire ponctuait la vie du quartier. De l'autre côté de la rue, une coiffeuse ; un jour, j'avais appelé ma mère car j'avais vu venir l'institutrice ; en fait, celle-ci allait chez la coiffeuse et ma mère, sortie précipitamment à mon appel, s'était sentie ridicule et m'avait grondée...

Pour je ne sais quelle raison, mon père s'était pris de passion pour le ricin et ses si jolies graines marbrées, il avait rêvé d'une forêt de ricin dans le jardin, sous lesquels nous pourrions jouer, ma mère n'était pas trop d'accord à cause de la toxicité de cette plante. Finalement, les graines n'ont pas germé.

Un voisin leur avait prêté un bout de jardin le long de la forêt, où nous avions, avec enthousiasme, planté des fraisiers. En avons-nous rêvé, de ces fraises ! Nous avons déménagé au moment où la toute première fraise mûrissait à peine... Encore une de ces déceptions cruelles qui marquent l'imagination enfantine... Je crois que nous avions aussi semé des haricots, je me souviens de la fascination de mon père pour le mot "poquet", et des jeunes pousses de haricots sortant comme par magie du sol nu avec leurs cotylédons, joliment recourbées en crosse comme les jeunes pousse de fougère.

La maison s'ouvrait sur le jardin par une petite terrasse bordée de murs bas surmontés de lourdes jardinières en béton. Ces jardinières n'étant pas scellées, nous avions interdiction de monter dessus, mais bien sûr les interdictions sont faites pour être contournées et nous adorions escalader... Un jour, donc, nous jouions là. Comme j'avais le vertige et que je me sentais généralement, en tant que grande soeur, investie d'une certaine responsabilité envers les deux "petites" (nous avions assez peu de différence d'âge, pourtant), je suis sûre de n'avoir pas sauté. Mes soeurs, par contre, trouvaient très amusant de grimper sur une de ces jardinières, et de sauter en contrebas... jusqu'au moment où la jardinière est tombée sur la tête de ma petite soeur... Heureusement, la tête des tout petits enfants est souple, heureusement la rue portait bien son nom et le sol était très sableux... Alertés par nos cris, mes parents sont arrivés en hâte. Où étaient-ils ? Pourquoi laissaient-ils leurs trois petites filles jouer dans le jardin sans surveillance ? Quoi qu'il en soit, ma mère, arrivée la première sans doute, a sans hésiter soulevé la lourde jardinière d'une main pour en sortir sa petite fille (plus tard, à deux, ils ont eu du mal à remettre en place ce bac en béton rempli de terre !) Je me souviens d'une visite éclair chez le médecin, puis vaguement de l'hôpital et, surtout, de ma minuscule soeur avec son énorme pansement derrière l'oreille. Par chance, rien de grave, ça nous a juste donné un bon prétexte pour la taquiner régulièrement sur le bac qu'elle avait pris sur la tête.

L'autre souvenir marquant de cette époque, c'est le jour où j'ai retrouvé au fond du jardin une poupée que j'y avais oubliée, ou peut-être volontairement abandonnée car je ne l'aimais pas trop me semble-t-il. Les intempéries l'avaient pas mal abîmée, son visage était bruni sur un côté, ses cheveux crêpés et hérissés... Je me souviens l'avoir retrouvée avec émotion, je me souviens de mon sentiment de culpabilité de l'avoir ainsi abandonnée, et elle est devenue par la suite ma poupée préférée... Il s'est écoulé une trentaine d'années avant que je comprenne que j'avais, comme le font souvent les enfants, rejoué ce jour-là une des pages les plus tragiques de ma petite existence...

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Lundi 23 novembre 2009 1 23 11 2009 12:38

L'autre soir, au cinéma de ma campagne, je suis allée voir "Le Concert", film de Radu Mihaileanu, qui vient de sortir. L'histoire : Andrei Filipov était le plus grand chef d’orchestre d'Union soviétique et dirigeait le célèbre Orchestre du Bolchoï sous Brejnev. Mais après avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs, dont son meilleur ami Sacha, il a été licencié en pleine gloire. Trente ans plus tard, il travaille toujours au Bolchoï mais… comme homme de ménage. Un soir, alors qu'Andrei est resté tard pour astiquer le bureau du maître des lieux, il tombe sur un fax adressé au directeur : le Théâtre du Châtelet convie l'orchestre du Bolchoï à venir jouer à Paris. Soudain, Andrei a une idée de folie : pourquoi ne pas réunir ses amis anciens musiciens, qui vivent aujourd'hui de petits boulots, et les emmener à Paris, en se faisant passer pour le Bolchoï ? L'occasion tant attendue de prendre enfin leur revanche…

Première agréable surprise : la VOSTF (version originale sous-titrée français). Les acteurs russes jouent en russe, les acteurs français en français, tout est sous-titré (même le français, c'est rigolo). Pour moi, dont les racines russes sont si vivantes, c'était très émouvant. Et, indépendamment de ça, je pense que c'est une des forces du film. J'ai lu que dans un premier temps il devait être tourné en anglais avec des acteurs américains ! Je pense que ce serait alors devenu une grosse farce sans cette émotion que ce film véhicule et qui fait toute sa force.

La langue russe, parlée me touche toujours autant. Justement, l'envie de m'y remettre une fois de plus me titille depuis quelques jours. Je me rends compte que, si au début de mon réapprentissage je cherchais à retrouver "ma" Russie, celle de mes ancêtres qui n'existe plus que dans les rêves des survivants de l'émigration, et qui m'a été transmise, maintenant j'ai envie de connaître la Russie et les Russes d'aujourd'hui. Peut-être en grande partie grâce au blog et aux échanges avec Plume-de-loin, notre internaute moscovite et francophone ?

Donc je me suis régalée. J'ai beaucoup ri et beaucoup été émue. Je me sens proche de ce côté "oriental-méditerranéen du nord" qui fait peut-être ce que les Français appellent "l'âme slave" ? Je me sens proche de ce côté débrouille, organisation bordélique qui retombe quand même sur ses pattes, j'y ai retrouvé ce que j'aime dans une association avec laquelle j'ai fait quelques voyages mémorables : la chaleur humaine, l'improvisation, la générosité, la débrouille. Quand ils sont à l'aéroport à fabriquer leurs faux passeports, je nous ai revus au port de Gibraltar, attendant le bateau pour Tanger, ou pique-niquant dans Utrecht, à même le trottoir... Certaines scènes (les gitans qui dansent autour de leur feu de camp ou dans le métro) m'ont évoqué cette mémorable soirée à Meknès, où nous avons dansé et chanté à quinze ou vingt dans une pièce de moins de dix mètres carrés avec cette famille que nous ne connaissions que depuis quelques heures et qui nous avait accueillis avec tant de chaleur et de générosité.

Ces histoires de personnes qui ont tout perdu, dont la vie est fracassée, qui sont emprisonnées dans une vie médiocre et la mesquinerie ambiante, l'impossibilité d'exprimer tout leur art, toutes leurs compétences, privées de ce qu'elles aiment par-dessus tout : la musique... Mais qui se battent pour en sortir malgré les obstacles... ça me parle, évidemment !

Et je me rends compte que la musique, c'est quelque chose de particulier. La beauté visuelle me touche, mais la musique, c'est autre chose, ça plonge direct à l'intérieur, ça réveille des images, des sensations, des émotions... D'un seul coup, mon intérieur devient comme agrandi, peut-être même infini ?

En revenant de ce film, j'ai regardé sur internet : les spectateurs sont généralement aussi enthousiastes que moi, et les critiques professionnels sont, pour la plupart, très... critiques. Eh ben moi, j'ai trouvé ce film excellent, j'ai trouvé qu'il n'avait que les défauts de ses qualités, j'ai trouvé les acteurs russes remarquables (bien plus crédibles que les acteurs français) et je vous conseille d'aller le voir.

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Lundi 23 novembre 2009 1 23 11 2009 09:45

En ce moment, France Culture parle des bidonvilles de Nanterre, par la voix de Monique Hervo. Cela me rappelle un vague souvenir : quand j'étais enfant, vers 1966-67 ou peut-être un peu plus tard, alors que j'habitais Montgobert, il y avait le long de la route qui menait au château des cabanes habitées, une sorte de bidonville en pleine campagne. J'avais un peu peur de passer là, je ne comprenais pas et je ne sais pas si on m'avait expliqué quoi que ce soit. Je crois que j'avais honte, aussi et surtout.

La dernière fois que je suis allée à Montgobert, il y avait des villas toutes neuves dans ce coin-là.

Qui étaient ces personnes qui vivaient dans ce petit bidonville campagnard ? Comment et pourquoi étaient-ils arrivés là ? Que sont-ils devenus ? Je ne sais pas et je ne saurai sans doute jamais.

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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 11 2009 07:33

Récemment, j'ai eu à travailler sur une histoire du papier peint, d'après des textes et images du Musée du Papier peint de Rixheim. J'ai trouvé ça intéressant : il me semble que le papier peint est de ces objets si familiers qu'on oublie qu'il n'a pas toujours existé. Eh oui, autrefois le papier fut rare et cher, les couleurs difficiles à fabriquer, imprimer n'était pas simple et, à ses débuts, le papier peint était véritablement peint à la main. Voici donc un rapide survol de quelques siècles de papiers peints.

Le recours au papier peint, en tant qu'élément de décoration, est très ancien : à la fin du 14è siècle, les premiers bois gravés ont été utilisés pour reproduire des dessins sur des papiers, ensuite coloriés à la main ou au pochoir. Mais les conditions imparfaites de l'encrage et du coloriage, la rareté et la petitesse des feuilles de papier, tout comme l'état de la société et de son économie, ne permettent pas encore l'essor du papier peint. À cette époque, le papier décoré est une image pour orner ou préserver, à coller sur l'auvent de la cheminée ou dans un meuble. Quand on a les moyens de décorer ses murs, on préfère des matériaux plus précieux et plus solides (tapisserie, cuir, bois).

Au 16è siècle, les "dominotiers" fabriquent des images (cartes à jouer) et des papiers peints mais n'ont pas le droit d'imprimer. Leurs papiers sont peints uniformément, ou dessinés et peints au pochoir, ou avec des motifs gravés sur bois et coloriés. Ils servaient aux gens des campagnes et au petit peuple de Paris pour orner ou tapisser des parties de leurs cabanes, boutiques, chambres.

Sur la fin du 17è siècle, toute maison a du papier peint dans sa garde-robe ou son cabinet de toilette. À cette époque, Louis XIV interdit l'importation et la fabrication d'Indiennes (tissus de coton, de lin ou de chanvre, décorés d'ornements esquissés au pochoir puis dessinés et peints au pinceau, ou imprimés) qui servaient, entre autres, de tentures murales. Les fabricants d'Indiennes se tournent vers la fabrication des papiers peints, appelés dominos.

Des progrès techniques permettent alors une extension de cette production. Les dominos traditionnels sont supplantés par des papiers dont les couleurs sont imprimées à la planche. Les dessins sont conçus "à raccord" (ils peuvent se poursuivre sur un ensemble de feuilles qui, jointes, forment un décor ornemental continu). Ces innovations sont dues aux Papillon père et fils, qui perfectionnent aussi les techniques de pose du papier de tenture. Les tentures de papier peint entrent dans les demeures mais restent onéreuses et de mauvaise qualité par rapport aux peintures, étoffes, cuirs ou boiseries.

En même temps, des papiers décorés provenant du Japon ou de Chine sont importés en France. Ces papiers imprimés, peints ou gaufrés, aux riches motifs, sont fragiles et coûteux mais comme ils plaisent beaucoup, ils sont rapidement contrefaits.

Dans le courant du 18è siècle, les Chinois et les Indiens améliorent les techniques et sacrifient la qualité pour produire à meilleur marché. L'Angleterre exporte la mode d'utiliser des papiers veloutés (tontisses) qui imitent la tapisserie par la fixation d'étoffes hachées.

À cette époque, les papiers décorés venant de l'étranger sont en vogue chez les "grands" et les parvenus pour leurs châteaux et manoirs : châssis de cheminée, écrans, paravents, dessus de porte, fonds d'armoire, murs des garde-robes, entresols, cabinets, passages, salles de bains. Ils ne sont pas utilisés dans les pièces d'apparat ni dans les chambres principales.

En 1759, Louis XV autorise de nouveau la fabrication et le commerce des Indiennes. Les papiers peints profitent du renouveau de cette industrie dont les techniques sont très proches et s'exercent parfois dans les mêmes ateliers. Ils ont aussi les mêmes motifs : fleurs, animaux, arbres, aux couleurs vives. En même temps, on importe d'Angleterre de nouveaux papiers peints aux fonds uniformément coloriés à la brosse, l'impression étant réalisée avec des couleurs épaisses, à la détrempe et non plus à l'huile.

Réveillon fait fortune en tirant parti des innovations de l'époque : fabrication du papier vélin, collage des feuilles en rouleaux de neuf aunes (10,70 m), impression à la frappe de feuilles placées sous la planche (et non plus sur la planche). Il organise et divise le travail en fonction des compétences des ouvriers, et perfectionne les techniques de pose. Il produisait trois sortes de papiers, destinés à trois clientèles différentes : les papiers de grand luxe nécessitaient 80 planches et coûtaient aussi cher qu'une tapisserie des Gobelins, les papiers "communs" pour les bourgeois, à sept ou huit planches, et les feuilles ordinaires à une seule couleur pour le menu peuple.

L'utilisation de couleurs à la détrempe, de dessins nouveaux et le concours de peintres renommés (Cietti, Lavallée-Poussin, Huet et Boucher fils) lui permirent de donner au papier de tenture son originalité et assurèrent son succès et sa gloire. Les papiers peints proposent alors des ramages, des verdures, des paysages, des marines, des tableaux d'histoire. Les couleurs sont brillantes, les nuances fines, les dessins agréables et variés. Les assortiments suivent les destinations des pièces de la demeure et les coûts sont corrects. Les papiers peints sont moins solides que les étoffes mais moins monotones, moins beaux que les tapisseries mais moins chers, moins fins mais de couleurs plus gaies.

Après la Révolution française, Jacquemart et Bénard, successeurs de Réveillon, parviennent à rendre l'apparence et l'éclat des tissus les plus variés. Les arabesques sont passées de mode, et sont remplacées par le pastiche d'étoffes plissées. Leur succès est tel qu'on les utilise pour parer les murs des salles à manger et des salons dans les riches appartements où se développeront les panoramiques de Dufour et Zuber.

Entre 1810 et 1860, une révolution des techniques va modifier profondément le papier peint, qui devient le revêtement de mur le plus utilisé et conquiert la clientèle des petites gens, dans les villes. Zuber utilise le cylindre gravé en creux qui permet l'impression en continu avec du papier continu, fait à la machine et débité en rouleaux de 9 m de long. De nouvelles couleurs sont fabriquées et employées : jaune de chrome, bleu minéral, vert de Schweinfurt, outremer. Zuber utilise aussi le procédé des teintes fondues, l'appareil à faire des rayures, ainsi que le fonçage et le satinage mécanique. Leroy commence à imprimer des dessins et des rayures avec des cylindres gravés en relief, à encrage constant. Il invente une brosse permettant de fabriquer des papiers peints à rayures parfaitement régulières de deux ou trois couleurs, puis quatre, six et huit couleurs.

Vers 1860, Paris compte 130 fabriques employant 4 500 ouvriers, la prédominance de la machine s'affirme et prend des proportions croissantes : production accrue, prix en baisse, diminution sensible du nombre de fabriques et de la main d'oeuvre. La machine et les perfectionnements dans la fabrication des pâtes à papier et des couleurs permettent d'étendre la gamme des imitations, de réaliser de grandes compositions.

Ces progrès conduisent à la vulgarisation de l'usage du papier de tenture : dans les années 1830, on le trouve dans les logements les plus modestes. Sous le Second Empire, le vieux Paris est presque entièrement démoli et rebâti, comme dans nombre d'autres cités. Les murs de ces nouveaux logements réclament protection et ornement, la décoration intérieure devient importante, à chaque pièce correspond un papier qui souligne l'originalité de cette pièce.

Alors qu'ils pourraient produire un matériau abondant, varié, solide, bon marché et des motifs nouveaux, les fabricants font étalage de chefs d'oeuvre compliqués et coûteux, ils étendent la gamme des imitations (tissus d'Orient, velours de Gênes, tapisseries de Beauvais et de Flandres, cuirs de Cordoue, tarlatanes, organdis et mousselines). Leur clientèle provient essentiellement de la petite bourgeoisie, exigeant l'ombre du luxe qu'elle ne peut s'offrir.

Vers 1880, le renouveau vient d'Angleterre avec les papiers de Crane et Morris, et des artistes comme Eugène Grasset et Hector Guimard qui proposent des dessins modernes affranchis de la figuration des styles du passé, aux teintes pâles. Mais ils ne sont pas pris au sérieux par les fabricants et les utilisateurs.

Dans les années 1920, on invente un style nouveau, complexe : magie orientale, cubisme, composition basée sur la raison, grâce des roses et des feuillages. Mais aussi simplicité avec les rayures et les taches géométriques, nombre de couleurs limitées... Mais cette production, importante sur le plan de l'art, est inadaptée au temps et ne touche qu'une faible part de la clientèle.

Pendant un quart de siècle, les papiers de teintes unies et claires, à plat ou en relief, prennent la place des ramages et des teintes sombres, dans les pièces que l'on veut inonder de lumière. Puis le papier peint est concurrencé par la peinture à l'eau ou à l'huile, ou les murs laissés bruts.

Depuis, le papier a évolué sur le plan des techniques, mais peu sur celui des décors. Les échantillons présentés par le Musée de Rixheim et son centre de documentation, la Bibliothèque Forney et le Musée des Arts Décoratifs témoignent des efforts d'imagination et de création du passé, ils sont une invitation à s'inspirer de la volonté de novation de leurs époques.


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Vendredi 20 novembre 2009 5 20 11 2009 08:49

En ce moment, France Culture parle beaucoup du cancer. J'ai lu sur leur site que c'était la première cause de mortalité des hommes dans notre pays, et la deuxième pour les femmes. Je me suis immédiatement posé la question : quelle est la première cause de mortalité des femmes, alors ? J'ai demandé à gougueule et c'est très confus, j'ai trouvé toutes sortes de choses, rien de très rigoureux n'apparaît. Selon certains, ce serait la violence conjugale, selon d'autres telle ou telle maladie, cela dépend des tranches d'âge etc., je n'ai rien trouvé qui me semble sérieux et fiable.

Malgré tout, selon une enquête menée en 2000 et publiée en 2003, la violence intra-familiale serait la première cause de mortalité et d’invalidité pour les Européennes âgées de 16 à 44 ans. Selon L'Humanité, les taux sont énormes : s’agissant des " mauvais traitements " subis de la part de leur conjoint, les chiffres européens allaient de 75 % des femmes (Russie) à 13 % (Hongrie ; mais quand on lit que, dans ce pays, le viol conjugal est impuni, on peut douter de la valadité de ce faible taux). S’agissant des décès, les chiffres disponibles font état, en France, de six femmes tuées par mois dans leur famille ; en Espagne, une tous les cinq jours ; en Allemagne, 300 femmes tuées chaque année ; au Royaume-Uni, deux par semaine, etc. Un texte d'Amnesty International synthétise les violences faites aux femmes à travers le monde, cela fait dresser les cheveux sur la tête.

Au fond, la question n'est pas de savoir quel est le pays où il vaut mieux vivre quand on est une femme ni même si cette violence est la première cause ou non de mortalité féminine. La question est que de très nombreuses femmes meurent chaque jour des violences de leur conjoint. Qu'à travers le monde, une femme sur trois est quotidiennement maltraitée physiquement, sexuellement ou psychologiquement. Que la violence intra-familiale est une importante cause de mortalité des femmes dans des pays qui se prétendent civilisés et qu'elle émane d'hommes de tous âges et toutes conditions sociales et culturelles.

Je trouve qu'on oublie un peu trop facilement que les femmes représentent quand même la majorité absolue des habitants (52% en France, mais maintenant tout juste 50% au niveau mondial, à cause des avortements sélectifs pratiqués dans des pays comme la Chine ou l'Inde qui représentent le tiers de la population mondiale) alors qu'elles restent considérées comme une minorité dans un monde fait par et pour les hommes, ou du moins une proportion d'entre eux... dans laquelle tous ne se retrouvent pas.

En effet, dans les nouvelles réjouissantes, il y a cette nouvelle campagne "Les hommes contre les violences faites aux femmes" : à l'approche du 25 novembre 2009, journée mondiale contre les violences faites aux femmes, des hommes de la Seine-Saint-Denis s'adressent à visage découvert aux hommes. « Six affiches traitent des violences verbales, psychologiques, physiques, sexuelles et de la prostitution. Les messages sont simples, clairs, forts, ils susciteront le débat, libéreront la parole et permettront de balayer les idées machistes sur les hommes qui ne peuvent changer ». Cette campagne est signée et soutenue par 26 villes, sept associations et trois institutions publiques départementales et régionales. Il me semble que cette campagne mérite d'être connue et relayée. 

 

Publié dans : Réflexions
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